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 Edgar Allan Poe

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Homme Curieux



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MessageSujet: Edgar Allan Poe   Dim 31 Aoû - 11:11

Né le 19 janvier 1809
Décédé le 07 octobre 1849 (à l'âge de 40 ans)

Edgar Allan Poe est un écrivain américain, poète, romancier et nouvelliste du XIXe siècle. Il a aussi travaillé comme critique littéraire et éditeur bien qu'il soit plus connu en tant qu'auteur. Il est, en effet, considéré - avec Jules Verne - comme l'un des précurseurs de la littérature de Science-fiction et du fantastique moderne. Ses nouvelles - Double assassinat dans la rue Morgue, La lettre volée, Le mystère de Marie Roget - figurent parmi les premières œuvres reconnues comme policières. Il est né le 19 janvier 1809 à Boston dans le Massachusetts et mort le 7 octobre 1849 à l'hôpital de Baltimore de congestion cérébrale. Il est le deuxième des trois enfants d'un couple de comédiens. Sa mère meurt en 1811 à l'âge de 24 ans de tuberculose laissant ses enfants orphelins; leur père alcoolique était aussi mort l'année auparavant de tuberculose. Sa sœur Rosalie est une handicapée mentale et son frère William Henry, meurt lui aussi à 24 ans, alcoolique et tuberculeux.

Orphelin à l'âge de 3 ans, il est confié à la charité de la bourgeoisie de Richmond, et il est adopté par la famille Allan, négociante de tabac, qui s'installe pour quelque temps à Liverpool; cette famille lui donnera son second prénom. L'Angleterre mystérieuse va impressionner l'enfant et lui donner le goût du fantastique macabre. Il suit des études classiques et littéraires. À l'Université de Virginie, il commence à contracter des dettes de jeu et rompt avec son père adoptif qui refuse de les payer.

En 1834 , il connaît un premier succès en remportant un prix à un concours organisé par le Saturday Visitor de Baltimore avec son récit Manuscrit trouvé dans une bouteille. Il entre au Souther Literary Messenger de Richmond et en deviendra rédacteur en chef en 1835. Mais l'alcool et les drogues le plongent dans des accès de dépression et il perd son emploi. Dix ans plus tard, il publie le Corbeau qui bouleverse le public. Poe connaît alors une courte période d'engouements et de succès mondains. Ensuite, les dettes et l'alcool le précipitent définitivement dans la déchéance.

Il y eut pour finir, cette mort digne des histoires qu'il a écrites; il fut trouvé le 3 octobre 1849, sur un trottoir de Baltimore près de Light Street, sinon ivre, du moins hébété; hospitalisé, il sombra dans le coma quatre jours avant de mourir. Les responsables : la ville était en pleine campagne électorale, et des agents des deux camps la parcouraient, d’un bureau de vote à l’autre, pour faire boire aux naïfs un cocktail d’alcool et de narcotiques afin de les traîner ainsi abasourdis, au bureau de vote.

Doté d'une vaste intelligence, Edgar Allan Poe était un homme très courtois mais d'une férocité sans égale, et était habité de rêveries parmi les plus étranges qui aient jamais traversé un esprit humain. Dès l'enfance il lisait Byron, Coleridge et la plupart des romantiques de son époque. Il a aussi beaucoup lu d'ouvrages traitant des cosmogonies scientifiques, des sciences naturelles et du mysticisme. Dans sa vie, il a perdu toutes les femmes qu'il a aimées, il s'est brouillé avec toutes les personnes qui auraient pu lui venir en aide. Il vécut dans une misère presque constante, même s'il a connu de son vivant une certaine célébrité, surtout par ses activités de journaliste.
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MessageSujet: Re: Edgar Allan Poe   Dim 31 Aoû - 11:11

Le Corbeau
Edgar Allan Poe
Traduction de Charles Baudelaire


Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, – murmurai-je, – qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela et rien de plus. »

Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, – et qu’ici on ne nommera jamais plus.

Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; – c’est cela même, et rien de plus. »

Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, dis-je, ou madame, en vérité, j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu frapper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; – les ténèbres, et rien de plus.

Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » – C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » Purement cela, et rien de plus.

Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, – dis-je, – sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; – c’est le vent, et rien de plus. »

Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; – il se percha, s’installa, et rien de plus.

Alors, cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, – lui dis-je, – soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que – Jamais plus !

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, – jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »

Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : Sans doute, – dis-je, – ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : « Jamais – jamais plus ! »

Mais le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son – Jamais plus !

Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur : je cherchai à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, – ah ! jamais plus !

Alors, il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient les séraphins dont les pas frôlaient le tapis de ma chambre. « Infortuné ! – m’écriai-je, – ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : «Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, – dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! – hurlai-je en me redressant. – Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le corbeau, immuable, est toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, – jamais plus !
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Rick



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MessageSujet: Re: Edgar Allan Poe   Mar 25 Nov - 23:56






Œuvres de Poe


Poésie

* Les Poèmes d’Edgar Poe, traduction en prose de Stéphane Mallarmé (1888, 1889)Image:25%
* Le Corbeau (traduit par Charles Baudelaire), dans La Genèse d’un poème
* Le Corbeau (traduit par Stéphane Mallarmé) Texte validé
* Le Corbeau (traduit par Maurice Rollinat)


Histoires extraordinaires

Traduction de Charles Baudelaire (1856)

* Edgar Poe, sa vie et ses œuvres (Introduction de Charles Baudelaire) Image:75%
* Double Assassinat dans la rue Morgue (1841)
* La Lettre volée (1845)
* Le Scarabée d’or (1843)
* Le Canard au ballon (1844)
* Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall (1835)
* Manuscrit trouvé dans une bouteille (1833)
* Une Descente dans le Maelstrom (1841)
* La Vérité sur le cas de M. Valdemar (1845)
* Révélation magnétique (1844)
* Souvenirs de M. Auguste Bedloe (1844)
* Morella (1835)
* Ligeia (1838)
* Metzengerstein (1832)

Nouvelles Histoires extraordinaires

Traduction de Charles Baudelaire (1857)

* Le Démon de la perversité (1850)
* Le Chat noir (1843)
* William Wilson (1839)
* L’Homme des foules (1850)
* Le Cœur révélateur (1843)
* Bérénice (1835)
* La Chute de la maison Usher (1839)
* Le Puits et le pendule (1842)
* Hop-Frog (1850)
* La Barrique d’amontillado (1846)
* Le Masque de la mort rouge (1842)
* Le Roi Peste (1835)
* Le Diable dans le beffroi (1839)
* Lionnerie (1835)
* Quatre bêtes en une (1833)
* Petite Discussion avec une momie (1845)
* Puissance de la parole (1845)
* Colloque entre Monos et Una (1845)
* Conversation d’Eiros avec Charmion (1839)
* Ombre (1835)
* Silence (1837)
* L’Île de la fée (1841)
* Le Portrait ovale (1842)

Les Contes inédits d'Edgar Poe

Traduction de William Hughes (1862)

* La Semaine des trois dimanches (1841)
* Le Sphinx (1849)

Histoires grotesques et sérieuses

Traduction de Charles Baudelaire (1865)

* Le Mystère de Marie Roget (1850)
* Le Joueur d’échecs de Maelzel (1836)
* Eleonora (1841)
* Un Événement à Jérusalem (1850)
* L’Ange du bizarre (1844)
* Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume (1850)
* Le Domaine d’Arnheim (1847)
* Le Cottage Landor (1850)
* Philosophie de l’ameublement (1840)
* La Genèse d’un poème (1850)

Derniers Contes

Traduction de Félix Rabbe (1887)

* Le Duc de l’Omelette (1836)
* Le Mille et deuxième conte de Schéhérazade (1845)
* Mellonta Tauta (1849)
* Comment s’écrit un article à la Blackwood (1838)
* La Filouterie considérée comme science exacte (1843)
* L’Homme d’affaires (1840)
* L’Ensevelissement prématuré (1844)
* Bon-Bon (1832)
* La Cryptographie (1841)
* Du principe poétique (1850)
* Quelques secrets de la prison du magazine (1845)

Autres œuvres de fiction

Traduction de Charles Baudelaire

* Les Aventures d’Arthur Gordon (1837)
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