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 Jeanne d'Arc et l'inquisition

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Rick



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MessageSujet: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:11

Pomme Golden a écrit:
Voici un lien :

http://www.geocities.com/CollegePark/Classroom/3062/jeannedarc.htm

Je voudrais faire une parenthèse sur l'inquisition avec ce sujet.



http://www.jeanne-darc.com/





Dernière édition par Rick le Sam 14 Juin - 4:17, édité 1 fois
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Rick



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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:15

Pomme Golden a écrit:
Extraits du livre "dossiers secrets de la sorcellerie" de François Ribadeau Dumas, edition presse pocket

Sur l'inquisition chapitre VIII


L'humanité aujourd'hui rougit de l'inquisition (romaine), comme elle rougit de la Guestapo (nazie) et de la Guépéou (soviétique). Tant de cruauté confond.

Nous avons dit que les jésuites bourreaux y mettaient du sadisme. Or on jette souvent un voile pudique sur leurs effarantes extractions. Beaucoup de croyants pensent qu'il fallait bien que l'Eglise se défende contre l'hérésie, la magie et la sorcellerie, comme le prescrivait déjà Moïse.

Certains y voient le bienfait de l'épreuve du feu (!). Maurice Bouisson écrit : " Le feu était moins un châtiment qu'une purification (La magie, par Maurice Bouisson, éditions debresse) Il ajoute que laisser en liberté un possédé du Démon eût été un "crime social". Du point de vue religieux, les coupables s'exposaient au feu éternel,or, "leurs souffrances sur le bûcher leur épargnaient la damnation(!)."

"Que doit-on penser de l'inquisition?" demande Jacques maritain ("de l'Eglise du Christ", édition Desclé de brouwer). Nous avons les arguments - très faibles - du jésuite le père Certeau, (le défoulement). Pour jacques Maritain, " elle a été un malheur pour l'Eglise.....L'emploi de la torture pour arracher des aveux tenus pour valables était de soi une faute grave contre la justice...l'abandon du coupable au bras séculier était une hypocrisie."

Néanmoins, l'éminent philosophe lui consacre un chapitre indulgent. Il dresse en premier lieu les quatres personnages du drame :
-La foi
-L'hérésie
-Le personnel de l'Eglise
-Le personnel de la royauté

et il charge de la première responsabilité le pouvoir monarchique, ce qui est essentiellement contestable, puisque ce sont les papes et les conciles qui ont solennellement déclenché les horribles persécutions. Il rappelle même que le Pape Pie V, élu par le sacré collège le 11 janvier 1566, n'était autre que le grand inquisiteur Ghislieri, et que sous son impulsion, les sévices de l'inquisition redoublèrent de virulence (!).

L'inquisition a-t-elle réussi? "A moins d'aller jusqu'à l'extermination (ce qui est arrivé avec les cathares et les albigeois), l'inquisition n'a réussi à stopper réellement aucune hérésie ; parce que l'esprit, même quand il s'égare plus gravement, est toujours plus fort que la force." Peut -on ensuite excuser l'Eglise d'avoir brandi les "deux glaives" de la bulle Unam Sanctam de Boniface VIII, le glaive spirituel, et le glaive temporel? Car l'emploi de la force, dit-il, en matière spirituelle, devait rapidement dégénérer. "L'inquisition a été un mal souillant l'histoire humaine, et un grand outrage à Dieu."

Et pourtant, Jacques maritain en lave les papes, qui vivaient en un temps, où "rien n'était plus naturel que l'emploi de la force(!)." pour eux, l'intention était bonne, autant que le but final, " "le reste ne comptait pas (!)." Car les oeuvres de salut public sont aveugles (!). Il en engage moins les pères conciliaires qui, selon lui, agissait "de leur seule initiative", celles d'un "personnel" (!) chargé de gouverner "l'Eglise de la terre" et qui pouvait à ce titre se tromper lourdement. Il condamne les procédures abusives, les tortures atroces, or il rappelle que trois inquisiteurs furent canonisés (* Note je trouve cette information aberrante) : saint Raymond de Pénafort, saint pierre de Vérone, et le pape Pie V. La torture était "une malédiction particulièrement énergique mais, nécessaire pour délier les langues (*Note: je suis éffarée....quel sale type ce Jacques Maritain!!!) de l'homme interrogé et faire sortir la vérité de sa bouche" O la bonne torture, qui soulageait le patient (et le bourreau!). Car elle "le déllivrait lui-même d'une parlysie autrement incurable (!)".Notre civilisation, ajoute Jacques Maritain, ne pratique-t-elle pas encore et toujours la torture? Alors?

Mais alors, le philosophe se demande : comment Dieu a-t-il permis cela? " C'est qu'il fallait à un moment donné de l'Histoire entrât dans la conscience humaine et jusqu'au fond de notre chair, le sens de la transcendance absolue, implacable, trop haute, trop divine pour qu'aucun esprit créé puissen s'en faire une idée, de la foi surnaturelle en son indivisible unité et en sa rigueur immaculée.... La vérité doit nous brûler jusqu'aux os!"

Ainsi donc, le feu des autodafés était celui de la vérité et celui de la lumière, nous aurions dû nous en douter. Si Dieu les a permis, conclut le penseur, c'est qu'il avait ses raisons. Quant aux suppliciés, ce ne sont que "pâles figures et symboles ensanglantés", qui se trouvent bien maintenant au ciel (!), dans les "trésors de la vie éternelle". On peut en rire. O charité chrétienne, ô justice, où vous cachez -vous? O lyrisme fallacieux : "Les flammes des bûchers partout allumées éclairent dans le ciel la souveraine image de la foi". .....autrement que "les lampes de poche des modernes docteurs", qui contestent aujourd'hui (!).

Ainsi donc, que satan existe ou n'existe pas, que la sorcellerie soit un crime ou une chimère, le monstrueux guignol des bûchers a peuplé le paradis. Nous voici apaisés. Mais le dossier de satan est-il pour cela classé?


Mon avis :

Je regrette que cet auteur, dans ce chapitre, s'est autant attardé sur Jacques Maraitin, oui ....les propos de ce philosophe sont aberrantes et archaïques car des hommes, mères et des enfants sont morts sur la pseudo présemption de pratique de la sorcellerie ....là je vais dans son sens..mais j'aurais espéré en connaitre plus sur les modes de fonctionnements des grands inquisiteurs et cela, l'auteur ne fait que les survoler, je vais donc effectuer des recherches sur le web. Je prend ce chapitre plus pour une parenthèse ironique sur M. Maritain et ses ouvrages. Mais uniquement dans ce chapitre.
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:17

Pomme Golden a écrit:
Un extrait :

Un pacte satanique (du même ouvrage) (Jeanne d'arc)

jamais l'Eglise d'alors n'admettra ces phénomènes qui ne relèvent pas et ne peuvent relever de Dieu. Et quand, des siècles plus tard, elle sanctifiera la Pucelle, ce sera avec les plus expresses réserves qu'elle parlera de la réalité des apparitions d'archanges, anges, saints et saintes habillés, parés, doués de belles voix, tels que les décrivit Jehanne, jusqu'à son dernier soupir. Aujourd'hui, un Stanislas de Guaïta, dans "La Clef de la magie Noire", parle abondamment des êtres spirituels qui peuplent l'Astral et se manifestent par le ministère d'un médium : Elémentaux, Ombres, Daïmones, Mirages errants, Entités. Les spirites diront : matérialisation d'êtres invisibles réincarnés, ou en réintégration. Ce fut l'univers de Jehanne : elle "voit", elle touche ses fantômes, elle dialogue avec eux.

Les juges sont inquiets. Les démonologues ont établi que la divination, la connaissance de l'avenir s'effectue par la consultation, le recours aux génies et aux êtres invisibles. Quelles sont les prédictions de Jehanne? Citons les plus notables :

- Elle a "vu", elle connaît le roi.
- Elle va délivrer Orléans par les armes.
- Tous les malheurs vont fondre sur les Anglais.
- La France sera libérée et l'envahisseur chassé.
- Charles VII sera mené à Reims par une suite de victoires, puis couronné et consacré.
- Paris reviendra au roi et sera libéré.
- Le duc d'orléans quittera l'Angleterre, où il est prisonnier.
- Elle-même, Jehanne, ne durera qu'un an.

Maître Seguin, professeur en théologie, doyen de la faculté de Poitiers (*Note : cet ouvrage date de 36 ans), qui l'examine pour le compte du roi, consignera : "Tout cela, je l'ai vu s'accomplir".

Un jour, à la porte du château, un cavalier interpelle Jehanne en jurant :
- Est-ce là la Pucelle ?
Et il ajoute :
- Donnez-la moi une nuit et je lui ferai passer son pucelage!
jehanne se mit en colère :
- Ah, en nom Dieu, tu le renies et tues si près de ta mort!

Dans l'heure, le soldat tomba dans la Loire et se noya. On a parla beaucoup. "c'est une devineresse!" déclara un prêtre. Peu à peu, le clergé se sépare de Jehanne. Il ne lui plaît pas tellement de la voir se présenter au nom de Dieu, porter Jésus et Marie sur son étendard, de son propre chef trancher et parler du Ciel sans aucune autorisation de l'Eglise. L'Eglise juge plus ou moins, et de très bonne heure, que tout en elle est magie.
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:19

Pomme Golden a écrit:
Même ouvrage, page 150 - LES SOIXANTE - DIX ARTICLES DU REQUISITOIRE -

[color=brown][b]Ainsi donc, dans les soixantes-dix articles du réquisitoire, les soixantes juges ecclésiastiques établissent, que dès son enfance, Jehanne a pratiqué les sortilèges ( Article V : " pervertie très jeune, par de vieilles femmes des environs de Domrémy, réputées pratiquant les maléfices, par qui elle fut accoutumée et pénétrée de l'usage de sortilèges, devinations et autres oeuvres superstitieuses ou ARTS MAGIQUES." Article VI : " Disant et chantant certaines chansons et incantations, sortilèges et autres maléfices."), faisant oeuvre de devineresse ( elle annonce cent malheurs aux Anglais, prévoit les succés du roi de France, annonce qu'elle va guerroyer et vaincre...).

Elle invoque les esprits infernaux, passe des pactes avec eux. Elle est hérétique. Elle participe à des danses maléfiques. Elle porte dans son corsage une racine de mandragore qui la conduit a de stupéfiants exploits et la rend supérieurement puissante, comme on sait. la mandragore accorde le pouvoir de conquête ( Laurens Catelan). Les "voix" de Jehanne ne sont autres que celle de la mandragore. Le chroniqueur rapporte que la Pucelle fut accusée d'avoir longuement tourmenté les Anglais, " par la force et la vertu magique d'une mandragore" ( ce qui était faux).

En 1429, le célèbre démonologue et exorciste jésuite, le père Martin del Rio, a publié dans son retentissant ouvrage les "Droites Sorceries et Hérésies", que la plante magique la mandragore croît sous la potence d'où un pendu a répandu un peu de sperme. Sa racine a la forme d'un petit homme, "homonculus, qui parle, et dont les pouvoirs sont miraculeux. Le jésuite raconte qu'il a découvert chez un licencié une mandragore, étrange petit personnage ( homonculus mandragoreus), qu'il détruisit en lui arrachant les membres, sous les yeux terrifiés des clercs, qui pressentirent que d'affreux malheurs allaient fondre sur le jésuite et sur ses collègues, ce qui ne manqua pas d'arriver.

Les théologiens politiciens de Rouen et de Paris disaient : Dieu ne peut pas soutenir les ennemis d'Henry VI, légitimement roi d'Angleterre et de France. Donc, c'est le diable qui a envoyé Jehanne et qui l'assiste. Son pouvoir de séduction, d'attraction et de conviction par la parole et par le geste, son agréable conformation physique, sa malice outrageante ( elle ne cesse de brocarder ses juges) sont autant de raisons pour appuyer l'accusation de maléfice. En effet, autour d'elle, tout le monde lui cède. On l'entoure, on lui donne de l'argent, des habits d'hommes, un cheval, une épée, une escorte. Elle part brillamment accompagnée. Le duc de Lorraine lui-même, quia désiré la voir, est conquis par son "charme". Et depuis, trois diseurs de bonne aventure n'ont-ils pas annocés sa venue? Ne dit-on pas que la France, perdue par une femme pécheresse (Isabeau), sera sauvée par une Pucelle? La Pucelle est trouvée. Elle apparaît au bon moment. Elle-même a confié à un jeune homme du village : "Bientôt une jeune fille de Domrémy va sauver la France."

La prédiction court la France : une certaine Marie d'Avignon, dite Marie-La-Gasque, a même été reçue par le roi Charles VII. Elle lui a prédit que le royaume traverserait bien es calamités et qu'elle, Marie, avait eu la vision qu'on voulait la revêtir d'une armure d'homme et la pousser à se battre avec l'épée et la lance, mais qu'elle s'était débattue et avait refusé. Or, disait-elle, une Pucelle prédestinée allait venir. Elle prendrait les armes d'un homme et délivrerait le royaume. ( déposition de maître Jean Barbin, docteur en droit, au procés.)

Pour le peuple, en 1429, Jehanne de Domrémy, tout au contraire, est bien la messagère du ciel. Malgrè les écrits du Grand Gerson, qui en 1389 dénonce en sorbonne les Esprits succubes et incubes qui foisonnent dans les campagnes, on la croit quand elle déclare que ses "voix" et ses "apparitions" sont celles des archanges, des saints et des saintes du paradis. C'est qu'à cette époque Dieu et le Diable remplissent de féerie et d'épouvante les couvents, où l'on s'abandonne aux merveilleux récits du moine Jacques de Voragine, frère prêcheur qui en 1225 a écrit de gros volume de la "Légende dorée, tut rempli de prodiges, de martyres et de joies célestes. Le méchant Dragon attaque les saintes filles, le chevalier du ciel vient les délivrer. On va de prodige en prodige. Les miracles y abondent. Là, les bêtes féroces veulent dévorer la vierge que vient sauver l'archange. Les martyrs rayonnent dans l'innéfable loi de Dieu. Le supplice des saintes livrées aux bêtes fait couler des larmes.

Le brave curé de Domrémy lut certainement ces pages naïves et héroïques, à la petite Jeannette émerveillée. Elle y connut l'archange saint Michel, qui apporta aux Egyptiens les sept plaies, qui partagea les eaux de la Mer Rouge, qui mena le peuple Hébreu à la terre promise. Dans l'armée des anges, il porte la bannière du Christ. C'est lui qui tuera l'Antéchrist, qui fera ressusciter les morts et qui, au jour du Jugement, présentera la Croix, les clefs, la lance et la couronne d'épines.

Michel, Archange, écrit le moine, apparut en 390 au mont Gargan, en Italie, puis en 710 à l'évêque de Tombelaine, puis à Rome au pape Grégoire. Il fit bien d'autres apparitions. Il conduisit des batailles. Quand il appartut à Jeannette, elle le reconnu.

Sainte Catherine, fille du roi Coste, entendit des voix à 18 ans ; navrée de voir des chrétiens conduit au supplice, elle fut elle-même martyrisée en 310, après des jours remplis de merveilles. Elle apparut, raconte la légende, à différentes personnes. Jeannette la reconnut aussi.

Sainte marguerite, dit-on, était vierge et martyre. A 15 ans, elle gardait ses brebis, quand le préfet Olybrius voulut l'enlever et en faire sa maîtresse, car elle était d'une grande beauté. Elle refusa. Jetée en prison, elle vit apparaître le dragon, qu'elle repoussa à grands signes de croix, puis un beau jeune homme, qu'elle pris pour le Diable. Se refusant toujours au préfet, elle fût brûlée avec des torches ardentes, puis décapitée. Quand le bourreau s'approcha d'elle, elle s'écria : "Mon frère, tire maintenant ton épée et frappe-moi!" La couronne du martyre brille sur sa tête. Lorsqu'elle apparut à Jeannette, celle-ci l'identifia aussitôt. Marguerite inspira la fillette exaltée.

Michel, Catherine, Marguerite et le bel archange Gabriel aussi, surgiront presque chaque jour devant la petite bergère de Domrémy, juchés sur des branches de "l'arbre aux fées", au-dessus de la fontaine miraculeuse.

l'inquisiteur refusa de l'admettre. Cette familiarité horriffiait l'Eglise. C'étaient des démons! clamait-on. L'Eglise sait faire la part de Dieu et du Diable. Ces apparitions, ces voix sont mensongères, démoniaques, horriblement infernales. " il n'y a pas de jour qu'elle ne les entendent!"

L'intervention de ces esprits intermédiaires rappelait en effet, aux docteurs de l'université, les aéons, anges, archanges des gnostiques, tels ceux de Simon-le-Magicien, Basilide, Valentin, Mani, condamnés par l'Eglise et flétris par saint Epiphane, saint Irénée, saint Sartin, Clément d'Alexandrie. Parmi ces esprits qui leur étaient familiers, on remarquait Gabriel et Michel. Chaque esprits répond à un nombre, à une lettre. Papus, au début du XXe siècle, les appelle les "Elémentals".
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:20

Pomme Golden a écrit:
HECATOMBES ET MALEFICES DE LA PRETENDUE PUCELLE - Les accusations de l'inquisition, Page 162 -

Alors, le sang coule comme elle l'avait prédit. malgré l'Eglise militante de France, on assiste à la montée triomphale des exploits guerriers de Jehanne, "prodiges démoniques", selon l'inquisition.

L'attaque d'Orléans commence. La ville est assiégée durement et depuis des mois, par William Glansdale, bailli d'Alençon pour le roi d'Angletterre. Jehanne aime les proclamations : se rendant à Chinon, en même temps qu'elle annonça à Charles VII sa venue, elle écrit aux Anglais de déguerpir rondement, car ils vont voir ce qu'ils vont voir, en se faisant bouter dehors. Une fois, à Poitiers, où les théologiens examinent encore sa foi et sa virginité, à la demande de Charles VII toujours inquiet, elle réclame de l'encre et du papier et commande :

- Ecrivez ce que je vous dirais : "Vous, Suffort (Suffolk), Classidas (Glansdale) et la Poule (John Pole), je vous somme, de par le Roi des cieux, que vous alliez en A!Angleterre!"

Une troisième fois, devant Orléans, elle proclame impérativement, comme saisit d'une frémissante colère :

- Vous, Anglais, qui n'avez aucun droit sur ce royaume de France, le Roi des Cieux vous ordonne et mande par moi, Jehanne la Pucelle, que vous quittiez vos forteresses et retourniez dans votre pays, ou sinon, je vous ferai tel hallali dont sera perpétuelle mémoire. Voilà ce que je vous écris pour la troisième et dernière fois et n'écrirai pas davantage. Signé : Jésus Maria Jehanne la Pucelle.

Elle lança le message aux Anglais, para la flèche d'un archer. Les Anglais l'injurièrent : "La putain des Armagnacs!" Charles VII donnait à Jehanne le commandement de dix mille hommes, malgré l'avis contraire de Jean, comte de Dunois, dit le Bâtard d'Orléans, qui la regardait d'un mauvais oeil. Ce Dunois, qui commandait l'armée royale depuis des mois, signalait qu'il était impossible de faire lever le siège d'Orléans par les Anglais, où ils tenaient solidement plusieurs bastilles. Très habilement, Jehanne commença le 28 avril par faire glisser sur la Loire un convoi de vivres commandé par Gilles de Retz, qui doutait de la divination de Jehanne. A la surprise générale le vent tourna. Les eaux montèrent. Ce qui parut un prodige. On atteignit les quais d'Orléans, et le 29 Jehanne entra dans la ville. On l'acclama. Un second convoi et des soldats entrèrent par le même chemin le 4 mai, de la bastille des Augustins le 6 mai, puis de la bastille des Tourelles le 7 mai. Orléans fut investi.

- Clasdas, Clasdas, ren-ti! ren-ti au Roi des Cieux! Tu m'as appelée "putain", moi j'ai grande pitié de ton âme et de celle des tiens!

Dans l'action, William Glansdale tomba en Loire et périt. Tous les Anglais du Pont furent tués ( Frère Jean Pasquerel). Le dimanche 8, le chef anglais Talbot levait le siège et emmenait l'armée anglaise. Ce fut stupéfaction générale.

Alain Chartier, Chrisitine de Pisan, Charles d'Orléans chantèrent en vers cet exploit sans précédent, cette immense victoire. Ce fut la panique dans l'armée anglaise. Le régent Bedford revint à Paris. Jean le Dunois et Gilles de Retz, à la pointe du combat à côté d'elle, furent remplis d'admiration. Ce fut dans le peuple un délire d'adoration pour la Pucelle, sa renommée s'étendit à toute la France. Le chroniqueur écrit : " Les Anglais furent terrifiés par cette garçonne qui se jetait en avant , brandissant l'épée, excitant les combattants, proférant mille injures aux ennemis et clamant de faire couler le sang."

Jehanne alla demander du renfort à Charles VII, qui se trouvait à Loches. Elle retourne au combat. Elle prendra Meung, Beaugency, Jargeau, où le comte de Suffolk, qui commandait l'armée de la Loire, sera fait prisonnier. Le chroniqueur écrit : " Par la Pucelle! Honte sur l'Angleterre!" A la vue de son étendard qu'elle plante en avant des fossés, les Anglais s'affolent et reculent.

Advint ensuite la chevauchée surprenante avec le roi, qu'elle emmène à Reims. Troyes est libérée, et toutes les villes jusqu'à Reims. " Les portes des villes s'ouvrent devant elle", note la chronique. Puis, le dimanche 17 juillet 1429, l'archevêque Regnault de Chartres couronne et sacre Charles VII à Reims . La gloire de Jehanne est incommensurable. Les cloches des villes sonnent en son honneur. On se précipite autour d'elle, on touche son cheval, on baise ses mains. Le clergé entre en fureur à la vue de cette idolâtrie. Les jalourises vont croissant autour d'elle.

L'inquisition ne manquera pas de souligner cette fièvre populaire. Elle interrogera minutieusement Jehanne sur sa lance, son épée miraculeuse, ses bagues, son étendard quiconstitue un attentat à la religion. On scrute ses moindres mots, on analyse ses moindres gestes. Cette garçonne use d'étranges moyens, les "signes" l'environnement, les "esprits", ses "lumières" ne sont pas des gestes rituels. L'histoire magique de son épée en est une preuve : lorsque Charles VII lui offrit une arme à sa taille, elle demanda une épée. "Rendez-vous, dit-elle, en l'église de Sainte-Catherine-de-Fierbois, vous trouverez derrière l'autel, sous la pierre, une épée, je voudrais celle-là." On s'y rendit et l'on découvrit en effetune épée antique, rouillée, qui fut désormais celle de Jehanne. Elle portait à la garde cinq croix. Quant à son cheval blanc et à son étendard blanc, on sait que le blan symbolise la lumière éternelle, le pontificat, la pureté de la lune, de l'argent, de la perle, le blanc domine, éblouit et concquiert. C'est la couleur irradiante des papes. On lui reprocha de l'utiliser.

Sa conduite des opérations tenait-elle de la magie? Au combat, le duc d'Alençon fut sauvé de justesse par Jehanne, qui lui annonça qu'il allait être tué s'il resté sur le fossé, et en effet un boulet de canon tua un seigneur qui passait au moment où le duc s'écartait. Il devait déclarer :

- Sur le fait de guerre elle était très experte, tant dans le port de la lance, que pour rassembler l'armée en ordre de bataille et pour préparer l'artillerie ; et de façon si prudente et avisée sur le fait de la guerre, comme l'eut fait un capitaine qui aurait pratiqué vingt ou trente années ; surtout dans la préparation de l'artillerie, car c'est en cela qu'elle se comportait fort bien.

Comment expliquer chez cette fille de village, sans éducation et illettrée, cet ahurrissant pouvoir au combat et comment ne pas reconnaître ses connaissances en artillerie, comme l'écrira le duc d'Alençon? Les théologiens répondent : Satan l'assiste (* Moi : bein oui, forcément....pffff).

Il y avait mieux dans la calomnie des prêtres : Pucelle soit, mais ne serait-elle pas encline à l'homosexualité? (* Moi : de mieux en mieux...re-pffffffff) demande l'inquisiteur. Son jeune page de quinze ans, Mugot, que lui a accordé à Chinon Raoul de Gaucourt, rapporta qu'il vécut continuellement avec la Pucelle, qu'elle demeurait certes très chaste, couchant toujours avec fille ou femme. Un de ses compagnons d'armes, Simon Beaucroix, écuyer, déposa aussi :

- Jehanne couchait toujours avec des jeunes filles, mais n'aimait pas coucher avec les vieilles femmes.

La veuve Marguerite La Touroulde, qui logea jeanne à Bourges, consigna :

- Elle fut dans ma maison l'espace de trois semaines, couchant, buvant et mangeant. Et presque chaque jour, je couchais avec elle.

Elle déclara fort honnête et bonne catholique, " très simple et ignorante, car elle ne savait absolument rien", ajoutant :

- Plusieurs fois je l'ai vue au bain et aux étuves, et autant que j'aie pu le voir, je crois qu'elle vierge....et toute l'innocence.... Je l'ai vue qui chevauchait à cheval et portait la lance comme l'eût fait le meilleur soldat, et de cela s'émerveillaient les gens d'armes.

Jehanne au bain, voilà qui fit réver les juges, furieux de la voir toujours habillée en garçon, ce pourquoi finalement elle sera brûlée comme relapse.

Le satanisme, selon les démonologues, a pour traits essentiels à l'origine : le merveilleux, l'érotisme et le sang. Les juges de la Pucelle y ajoutèrent : la profanation de la virginité (* Moi : aberrant....), la dérision et l'impudeur, l'irrespect du sexe de la femme.

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LA MORT INFAMANTE DE JEHANNE - Une invocatrice des démons, Page 170.

Durant l'interrogatoire, les questions les plus insidieuses, toujours orientées vers la sorcellerie, lui furent posées. Un juge proposa de la torturer, mais on en abandonna le projet en raison de son obstination inflexible et de "l'endurcissement de son âme". On fera mieux pour "l'invocatrice des démons". Le grand inquisiteur Jean Lemaître est assisté de Jean d'Estiveet, Jean de la Fontaine, conseiller, instructeur du procés, de Guillaume Manchon, Guillaume Colles et Nicolas Taquel, notaires de Rouen, de six représentants de l'Université de Paris, du légat du pape, du recteur Jean Baupère, chanoine de Paris, du recteur Thomas de Courcelles, célèbre chanoine d'Amiens et de Laon ; de Gérard Feuillet, docteur en théologie, entourés de leurs assesseurs, ces hommes complétaient le tribunal des soixantes juges, prélats ecclésiastiques et hauts dignitaires de l'église qui a l'unanimités déclarèrent Jehanne coupable de sorcellerie, puis l'envoyèrent sur le bûcher ; ce fut la plus cruelle et la plus inique condamnation que l'humanité ait très publiquement et légalement enregistré mais le tribunal de Dieu s'est prononcé.

Le feu purificateur constitue le châtiment des satanistes qui signèrent le pacte et exécutèrent leurs sortilèges en offrant en holocauste à l'enfer des vies humaines, selon l'horrible rite du sang qui remonte à Caïn. C'est le crime du sang versé. " Altérée de sang humain et poussant au meurtre", Jehanne est accusée d'avoir opéré le sacrifice satanique du sang, voila ce que proclame l'inquisition au moment où l'on la brûle et l'on répète qu'elle est sorcière, homicide et perverse.

Ce 30 mai 1431, elle expire dans les flammes cette Jehanne, "qui s'est fait nommer la Pucelle", allégation injustifiée, titre qu'elle a pris dans un but démonique (!!!!!).

Le jugement inquisitorial basé sur la consultation de l'Université de Paris, la Faculté de théologie et la Faculté des décrets, est un chef-d'oeuvre de machiavélisme, le triomphe de l'argutie calomnieuse, de l'affirmation aussi vengeresse qu'odieuse, une opération sataniste. Un Barbey d'Aurevilly y a discerné " le bonheur dans le crime", le crime, cette fois-ci, est du côté des juges.

Elle fut brulée donc ce 30 mai 1431 sur la place du Marché. Jusqu'à la dernière minute on attendit son aveu satanique, ou son ascension miraculeuse. Y eut-il des mouvements de foules? On ne le rapporte pas. Toute une littérature apitoyée devait jaillir sur le sort de la Pucelle, mais plus tard, beaucoup plus tard.

Les juges et les bourreaux eurent tellement peur qu'elle s'echappât par une diablerie, que dès que les flammes et les fumées eurent arraché une ultime plainte, on écarta les braises pour bien montrer à la foule son cadavre calciné. La légende veut que le bourreau, examinant sa dépouille, constatât que le coeur n'avait pas subi la combustion. Ce coeur frémissant, qui battit dans l'exaltation avant de connaître la pire des souffrances, on le jeta à la Seine,avec les cendres de ce qui restait de ses ossements, selon l'usage en cas de condamnation pour sorcellerie, et afin d'empêcher la quête des chasseurs de reliques. Jehanne n'aura pas ainsi de sépulture en terre chrétienne, l'Eglise le voulut. Son âme "endurcie" était condamnée à errer sur les rives du fleuve, pour l'éternité.

Ce qui irrita le plus le clergé de France, dans cette tragédie marquée d'un autodafé suivi, du XVe siècle au XVIIe siècle, de milliers d'autres, c'était la volonté déterminée, archarnée, échappant à tout contrôle, de la petite illuminée de Domrémy. Sa flamme à se jeter dans l'action au nom des plus nobles principes, sans autorisation du Clergé, sa passion à vivre héroïquement - elle fut trois fois blessée - ne pouvaient terminer, vu la haine grandissante qu'elle suscitait dans le parti clérical, le parti bourguignon et le parti anglais, que par une passion atroce, et dans les flammes du bûcher.

Là, dieu se heurtait au Diable. Dieu s'est-il trompé en ne discernant pas qu'elle était sienne et en laissant faire Satan? Ou la choisit-il pour torche vivante, destinée à éclairer l'injustice des hommes? Cela demeurera le secret du Ciel, qui a besoin de martyrs. Quelle est la part du diabolisme? Jehanne est morte avec son secret.

........................................

Avant de mourir, Jehanne eut une dernière vision, celle de se sjuges et bourreaux, aux quels elle annonça la vengeance. En effet, Jean d'Estivet, l'inquisiteur mourut de la lèpre ; Nicole Midi, l'horrible sermoneur de Jehanne, se noya dans un égout ; Pierre Cauchon trépassa quelques jours après la tragédie, frappé d'apoplexie alors qu'on lui fasait la barbe.

Jehanne monta au bûcher de l'inquisition et du roi pour avoir apelé Satan à l'aide, pour avoir exterminé l'armée anglaise! Un mois après son exécution, l'inquisiteur de France, frère Jehan Graverent, prieur des jacobins, du haut de la chaire de Saint-Martin-des-Champs, en grande solennité, accusa formellement Jehanne d'avoir pactisé avec l'enfer. L'Eglise, encore une fois, proclamait son satanisme.

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UN SUPPLICE QUI CREE LA LEGENDE, Page 174.

L'opinion populaire ne partagea pas ce point de vue. Assez rapidement, le peuple se sentit pris de commisération, pris d'admiration, pour la Pucelle brûlée. L'imagination des gens simples fut frappée de la suite des évènements miraculeux qui jalonnèrent sa destinée, à la fois malheureuse et triomphale. De son côté, le clergé mesura la gigantesque erreur de cet autodafé répugnant. Charles VII enfin, dont la lâcheté dans ce procés apparaissait à tous les yeux, vivait dans le malaise. Il demeurat muet pendant plusieurs années, avant d'entreprendre le procés de révision et de réhabilitation ; encore doit-on noter qu'il espérait que le pape lui en saurait gré, n'ignorant pas non plus que le Vatican espérait obtenir de lui une croisade contre les Turcs, maîtres de Constantinople - ce qui n'advint pas - le jugement de réparation intervint le 7 juillet 1456. Il tendait à effacer la honte de tous.

Pendant plusieurs siècles, la Pucelle d'Orléans connaîtra le mépris et même l'ironie des écrivains. Comment ne pas déplorer le cynisme de Voltaire?

L'Eglise attendit quatre cents ans avant d'accorder à la ferveur populaire indignée que Jehanne fût parée de l'auréole des martyrs.

Rome la béatifia en 1909 et la canonisa en 1920.


Conclusion :

Jehanne paya les frais pour les Anglais, pour les illuminés dangereux pour l'Eglise et d'avoir usé de pouvoirs supranormaux, et cela, les hommes ne le pardonnent pas.

Jehanne était- elle, peut être, tout simplement une clairvoyante - audiante?
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:22

Pomme Golden a écrit:
Voilà, je voulais juste ajouter que je trouves l'épopée de Jehanne fascinante, tant de visions (révélées justes et de connaissances de la part d'une simple fille de village m'interpelle. Je crois que nous avons là, une très belle histoire ésotérique historique - je complèterais ce sujet avec Gilles de Retz, et les fameuses "fausses" Jeanne flower
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:23

Pomme Golden a écrit:
La condamnation de Gilles de Rais (ou retz)



Les faits

Le duc de Bretagne se trouvant à Nantes, en 1440, l’évêque, qui était son cousin et son chancelier, s’enhardit par sa présence à procéder contre un grand seigneur du voisinage singulièrement redouté, un Retz de la maison des Laval, qui eux-mêmes étaient des Monfort, de la lignée des ducs de Bretagne. Telle était la terreur qu’inspirait ce nom que, depuis quatorze ans, personne n’avait osé parler.

L’accusation était étrange. Une vieille femme, qu’on appelait la Meffraie, parcourait les campagnes, les landes; elle approchait des petits enfants qui gardaient les bêtes ou qui mendiaient, elle les flattait et les caressait, mais toujours en se tenant le visage à moitié caché d’une étamine noire; elle les attirait jusqu’au château du sire de Retz, et on ne les revoyait plus. Tant que les victimes furent des enfants de paysans qu’on pouvait croire égarés, ou encore de pauvres petites créatures comme délaissées de leur famille, il n’y eut aucune plainte. Mais, la hardiesse croissant, on en vint aux enfants des villes. Dans la grande ville même, à Nantes, dans une famille établie et connue, la femme d’un peintre ayant confié son jeune frère aux gens de Retz qui le demandait pour le faire enfant de chœur à la chapelle du château, le petit ne reparut jamais.

Le duc de Bretagne accueillit l’accusation; il fut ravi de frapper sur les Laval; l’évêque avait à se venger du sire de Retz qui avait forcé à main armée une de ses églises. Un tribunal fut formé de l’évêque, chancelier de Bretagne, du vicaire de l’inquisition et de Pierre de l’Hospital, grand juge du duché. Retz, qui sans doute eût pu fuir, se crut trop fort pour rien craindre et se laissa prendre.

Ce Gilles de Retz était un très grand seigneur, riche de famille, riche de son mariage dans la maison de Thouars, et qui, de plus, avait hérité de son aïeul maternel, Jean de Craon, seigneur de la Suze, de Chantocé et d’Ingrande. Ces barons des Marches du Maine, de Bretagne et de Poitou, toujours nageant entre le roi et le duc, étaient, comme les Marches, entre deux juridictions, entre deux droits, c’est-à-dire hors du droit. On se rappelle Clisson le boucher et son assassin Pierre de Craon. Quant à Gilles de Retz, dont il s’agit ici, il semblait fait pour gagner 1a confiance. C’était dit-on, un seigneur « de bon entendement, belle personne et bonne façon », lettré de plus, et appréciant fort ceux qui parlaient avec élégance la langue latine. Il avait bien servi le roi, qui le fit maréchal, et qui, au sacre de Reims, parmi ces sauvages Bretons que Richemont conduisait, choisit Gilles de Retz pour quérir à Saint-Remy et porter- la Sainte ampoule!... Retz, malgré ses démêlés avec l’évêque, passait pour dévot; or, une dévotion alors fort en vogue, c’était d’avoir une riche chapelle et beaucoup d’enfants de chœur qu’on élevait à grands frais ; à cette époque, la musique d’église prenait l’essor en Flandre, avec les encouragements des ducs de Bourgogne. Retz avait, tout comme un prince, une nombreuse musique, une grande troupe d’enfants de chœur dont il se faisait suivre partout.

Ces présomptions étaient favorables; d’autre part, on ne pouvait nier que ses juges ne fussent ses ennemis. II les récusa. Mais il n’était pas facile de récuser une foule de témoins, pauvres gens, pères ou mères affligés; qui venaient à la file, pleurant et sanglotant, raconter avec détail comment ledit enfants avaient été enlevés. Les misérables qui avaient servi à tout cela n’épargnaient pas non plus celui qu’ils voyaient perdu sans ressource. Alors il cessa de nier, et, se mettant à pleurer, il fit sa confession. Telle était cette confession que ceux qui l’entendirent, juges ou prêtres, habitués à recevoir les aveux du crime, frémirent d’apprendre tant de choses inouïes et se signèrent... Ni les Néron de l’empire, ni les tyrans de Lombardie, n’auraient eu rien à mettre en comparaison; il eût fallu ajouter tout ce que recouvrit la mer Morte, et par-dessus encore les sacrifices de ces dieux exécrables qui dévoraient les enfants.

On trouva dans la cour de Chantocé une pleine tonne d’ossements calcinés, des os d’enfants en tel nombre qu’on présuma qu’il pouvait y en avoir une quarantaine. On en trouva également dans les latrines du château de la Suze, dans d’autres lieux, partout où il avait passé. Partout il fallait qu’il tuât... On porte à cent quarante le nombre d’enfants qu’avait égorgés la bête d’extermination.

Comment égorgé, et pourquoi ? c’est ce qui était plus horrible que la mort même. C’étaient des offrandes au Diable. Il invoquait les démons Barron, Orient, Belzébuth, Satan et Bélial. Il les priait de lui accorder « l’or, la science et la puissance ». Il lui était venu d’Italie un jeune prêtre de Pistoïa, qui promettait de lui faire voir ces démons. Il avait aussi un Anglais qui aidait à les conjurer. La chose était difficile. Un des moyens essayés c’était de chanter l’office de la Toussaint en l’honneur des malins esprits. Mais cette dérision du saint sacrifice ne leur suffisait pas. Il fallait à ces ennemis du Créateur quelque-chose de plus impie encore, le contraire de la création, la dérision meurtrière de l’image vivante de Dieu. Retz offrait parfois à son magicien le sang d’un enfant, sa main, ses yeux et son cœur.

Cette religion du Diable avait cela de terrible que, peu à peu, l’homme était parvenu à détruire en soi tout ce qu’il avait de l’homme; il changeait de nature et se faisait Diable. Après avoir tué pour son maître, d’abord sans doute avec répugnance, il tuait pour lui-même avec volupté. Il jouissait de la mort, encore plus de la douleur; d’une chose si cruellement sérieuse, il avait fini par se faire un passe-temps, une farce; les cris déchirants, le râle, flattaient son oreille; les grimaces de l’agonisant le faisaient pâmer de rire; aux dernières convulsions, il s’asseyait, l’effroyable vampire, sur sa victime palpitante.

Un prédicateur d’une imagination grande et terrible a dit que, dans la damnation, le feu était la moindre chose ; que le supplice propre au damné, c’était le progrès infini dans le vice et dans le crime, l’âme s’endurcissant, se dépravant toujours, s’enfonçant incessamment dans le mal de minute en minute (en progression géométrique !) pendant une éternité... Le damné dont nous parlions semble avoir commencé, sur cette terre des vivants, l’effroyable descente du mal infini.

Ce qui est triste à dire, c’est qu’ayant perdu toute notion du bien, du mal, du jugement, Il eut toujours jusqu’au bout bonne opinion de son salut. Le misérable croyait avoir attrapé à la fois le Diable et Dieu. Il ne niait pas Dieu, il le ménageait, croyant corrompre son juge avec des messes et des processions. Le Diable, il ne s’y fiait qu’à bon escient, faisant toujours ses réserves, lui offrant tout, « hors sa vie et son âme ». Cela le rassurait. Quand on le sépara de son magicien, il lui dit en sanglotant ces étranges paroles : « Adieu, François, mon ami, je prie Dieu qu’il vous donne bonne patience et connaissance; et soyez certain que, pourvu que vous ayez bonne patience et espérance en Dieu, nous nous entreverrons en la grand joie du Paradis.».


Source et suite : http://ledroitcriminel.free.fr/le_phenomene_criminel/crimes_et_proces_celebres/gilles_de_rais.htm
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 4:25

Pomme Golden a écrit:
Les « consœurs » de Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc ne fut pas un cas unique à son époque. Le Journal d'un Bourgeois de Paris rapporte un sermon entendu le 4 juillet 1431 faisant référence à trois autres femmes :

« Encore dist il en son sermon qu’ilz estoient IIII, dont les III avoit esté prinses, c’est assavoir ceste Pucelle, et Perronne et sa compaigne, et une qui est avec les Arminalx (Armagnacs), nommée Katherine de la Rochelle ; … et disoit que toutes ces quatre pouvres femme frère Richart le cordelier (…) les avoit toute ainsi gouvernées ; (…) et que le jour de Noel, en la ville de Jarguiau (Jargeau), il bailla à ceste dame Jehanne la Pucelle trois foys le corps de Nostre Seigneur (…) ; et l’avoit baillé à Peronne, celui jour, deux fois (…) »
De ces trois autres femmes, le même Bourgeois de Paris relate l’exécution de Pieronne qui « estoit de Bretaigne bretonnant » fut brûlée sur le parvis de Notre-Dame le 3 septembre 1430. Et s’il ne la nomme pas, le Formicarium du frère Jean Nider semble décrire la même exécution.

Fausses Jeanne d’Arc

Il est arrivé au cours de l’histoire que des imposteurs surgissent, prétendant être une personnalité décédée ayant marqué son temps. Ce fut le cas pour Louis XVII à l’issue de la Révolution, ce fut aussi le cas des faux Dimitri à la mort d'Ivan IV le Terrible, pour la princesse Anastasia, et plus récemment pour Elvis Presley. Il semble en avoir été de même pour Jeanne d’Arc, dont bien des détails de la vie nous sont mal connus.

Plusieurs femmes se présentèrent, affirmant avoir échappé aux flammes. La plupart furent rapidement confondues, mais deux d’entre elles parvinrent à convaincre leurs contemporains qu’elles étaient réellement Jeanne d’Arc : il s'agit de Jeanne des Armoises et de Jeanne de Sermaises, qui étaient peut-être une seule et même personne.

D’après une source tardive (trouvée en 1686 à Metz), Jeanne des Armoises apparut pour la première fois le 20 mai 1436 à Metz où elle rencontre les deux frères de Jeanne d’Arc, qui la reconnaissent pour leur sœur. Il est impossible de déterminer s’ils ont vraiment cru qu’elle était leur sœur ou non. Quoi qu'il en soit, Jeanne d'Armoise reste le cas le plus sérieux d'imposture sur le personne de Jeanne d'Arc.

En 1456, après la réhabilitation de la Pucelle, Jehanne de Sermaises apparut en Anjou. Elle fut accusée de s'être fait appeler la Pucelle d'Orléans, d’avoir porté des vêtements d’homme. Elle fut emprisonnée jusqu'en février 1457, et libérée à la condition qu'elle s’habillerait honnêtement. Elle disparaît des sources après cette date.

Sources[/b][/i][/color] : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jehanne_la_Pucelle

Jeanne des Armoises



[color=black][i][b]Jeanne des Armoises, auparavent Jeanne ou Claude du Lis, est, d’après une source tardive (trouvée en 1686 à Metz [1]) une femme qui se fît connaître le 20 mai 1436 dans la région de Metz en se faisant passer pour Jeanne d'Arc qui aurait échappé au bûcher. Elle se présenta aux frères de Jeanne d'Arc qui, d'une façon inexpliquable, la reconnurent pour leur sœur.

Cette Jeanne, qu’on dit être la fille adultérine d’Isabeau de Bavière et de Louis d’Orléans, donnée en nourrice à des laboureurs de Domrémy, épousa un chevalier désargenté, Robert des Hermoises ou des Armoises, proche parent de Robert de Beaudricourt, à Arlon, au Luxembourg, où elle aurait rencontré Madame de Luxembourg.

Suite à cette nouvelle du retour de La Pucele, la ville d’Orléans interrompit les services funèbres à la mémoire de Jeanne d’Arc durant trois ans. Jeanne des Armoises obtînt même en 1439 que Gilles de Rais, maréchal de France et ancien compagnon d'armes de la vraie Jeanne, lui confie des soldats de sa troupe avec lesquels elle combat à ses côtés en Vendée.

Elle se serait entretenue avec Charles VII par courrier pendant quatre ans. Vers 1440, elle obtint finalement une audience. D'après une relation tardive du chambellan de Boisy, le roi lui demanda quel était le secret qu’il partageait avec elle. Elle se rétracta, disant ne pas connaître le roi, et demanda grâce. D'autres historiens denient toute rencontre de cette Jeanne avec le roi.

Elle avait réussit, jusqu'en 1440, à donner le change, mais à cette date, soumise à une enquète de l'Université et du Parlement de Paris, elle fut démasquée. Elle admit ensuite publiquement son imposture. Son cas n'était, à l'époque, pas isolé, un grand nombre de fausses Jeanne d'Arc apparurent dans les années qui suivirent la mort de la Pucelle sur le bûcher de Rouen, fait historique qui ne souffre aucune remise en cause.[i]

Source:http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_des_Armoises
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 5:11

La légende et le mythe de Jeanne d'Arc ont plus dépassé la vérité historique qu'autre chose, en ce qui me concerne pour moi les deux principaux acteurs de la guerre de cent ans sont Charles V le sage et Bertrand Du Guesclin qui ont redressés la France après le désastreux règne de Jean II le bon un bien piètre politicien.
Mêmes si Charles VII peux s'enorgueillir de la victoire finale face aux anglais cela n'enlève rien au mérite de Charles V et de Du Guesclin.

Jeanne a bien sur aidée le roi Charles VII lors de certaines batailles mémorables comme la prise d'Orléans qui a eu un grand impact a l'époque en 1429, puis Troyes et Reims par la suite, juste que sa légende ait largement dépassé la vérité historique, car mêmes si Charles VII lui doit beaucoup, c'est sans elle qu'il va finalement chasser les anglais et mettre fin a la guerre de cent ans.
On peut juste noter qu'il na tenter aucune intervention en la faveur de Jeanne quand elle a été jugée et brûlée par la suite, Jeanne d'arc a été une super nova traversant l'année 1429 une année de succès et de gloire, mais qui a attisé la jalousie des uns et des autres et finalement lui a porté préjudice par la suite.
Pour ma part je reste sur ce que j'ai dit plus haut, que Charles V et Bertrand Du Guesclin ont été les deux principaux acteurs de la guerre de cent ans du moins aux points de vu stratégique, militaire et politique.
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MessageSujet: Re: Jeanne d'Arc et l'inquisition   Sam 14 Juin - 5:12

Il y a toujours eu dans l'histoire des personnes qui ont marqué leur époque qui ont laissé une empreinte sans vraiment que l'on ne sache pourquoi sorte"d'OVNI" de "Comète".

Bien souvent ceux si sont devenus des martyres morts brutalement et de façon tragique, je pense notamment a Jean Moulin qui est le symbole pour beaucoup de la lutte contre l'Allemagne Nazis de mêmes que Jeanne d'arc est le symbole pour beaucoup de la lutte contre l'envahisseur anglais.
Apres l'histoire a fait le reste et pour le grand public ils symbolisent la luttent contre l'envahisseur l'ennemi, certains politiques prennent ces exemples pour leurs idées ou leurs campagnes pour porter un message patriotique et nationaliste...

Et puis ce n'est pas parce qu’on parle plus de certains personnages qu'ils sont obligatoirement les plus importants de leurs époques, mais un charisme et une légende peux aider beaucoup dans ce sens la, surtout si on sort de l'ordinaire sorte d'anticonformisme.

Pour en revenir à Jeanne d'Arc elle était contemporaine de Charles VII et non de Charles V et de Du Guesclin qui étaient tout les deux antérieur a Jeanne d'arc, de toute façon la guerre de cent ans se compose en 5 parties.

Jeanne d'arc était gênante pour certains, y compris le roi de France Charles VII car elle était alors trop populaire. Devenue une martyre sa mort a servi la cause de Charles VII et la haine contre les anglais, son "bourreau" l'évêque Pierre Cauchon qui a instrumentalisé le procès lui qui voulait que ce soit "son beau procès" une mise en scène bien orchestrée par Cauchon, qui voulait bien se voir des anglais et de l'église donc de l'inquisition.
Mais bon cauchon il meurt 11 ans après en 1442 excommunié par le pape qui a fait jeter son corps sur la voirie.
Dénoncer par une certaine frange radicale de l'église Jeanne fut canonisée en 1920 par le pape Benoît XV, qui a dit que l'église n'instrumentalisait pas ce qu'elle voulait ? ...

Quand à Cauchon il n'avait qu'un objectif étant allié aux anglais, récupérer Jeanne et la juger pour hérésie, ainsi elle a été livrée aux anglais moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, victime de tractation financière...
Le peuple a par la suite de ce procès eu une haine viscérale vis a vis des anglais, évêques et autres théologiens ce qui aida grandement Charles VII par la suite dans sa lute contre les anglais, l'inquisition quand à elle continua "son oeuvre" encore pendant les XVI et XVII siècles avant de disparaître progressivement au XVIII siècle.
Rappelons que Galilée fut lui-même l'une des victimes de l'inquisition au XVII siècle avec la Condamnation de ses thèses, l'Eglise récemment a d'ailleurs reconnu ses torts dans l'affaire Galilée.
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